vendredi 25 novembre 2016

Trichromie





Si le Tampographe avait un coeur, il se serrerait de fierté en présentant cette grande première mondiale dans le domaine des arts et des sciences tampographiques qu'est le tampon en trois couleurs. Après avoir réalisé de nombreux prototypes dans l'austère pénombre de son atelier, le Tampographe a enfin trouvé la bonne formule pour imprimer avec facilité la face d'un authentique tigre de Sibérie, dont le regard cruel et les crocs assoiffés de sang enchanteront vos envois postaux.
Ce modèle a comme toujours été testé sur un panel d'amis maladroits et/ou alcooliques, et présente une grande facilité d'utilisation.
Disponible sur ce LIEN ou chaque samedi à la galerie tampographique, de 11h à 19h.EnregistrerEnregistrer

mardi 22 novembre 2016

Mode d'emploi.

Une courte vidéo qui montre l'utilisation de quelques tampons tirés du jeu "Céramiques", disponible ICI




mercredi 2 novembre 2016

Curriculum



Je suis sur la dernière marche de mon échelle, je repeins la devanture de mon atelier. J’essaye de garder mon équilibre tandis que je peins les boiseries. Mon escabeau danse sur trois pieds, le trottoir de la rue du Repos n’est pas très droit, à chaque mouvement je bascule et je manque de tomber, sous le regard intéressé du chien du bar d’en face qui me fixe entre deux tablées de graphistes. 

Je repeins avec application les oeuvres de street-art qui se sont accumulés sur les boiseries. Le quartier est infesté de street-artistes. Ils s’aventurent dans la rue à la nuit tombée, depuis mon lit j’entends des voix sourdes, le bruit d’un pot de colle qu’on pose sur le rebord de ma fenêtre ou le tac-tac-tac d’une bombe de peinture qu’on secoue. Je saute de mon lit, j’allume toutes les lumières, je crie pour les effaroucher, et j’entends des pas précipités fuir en direction du Boulevard.

Le lendemain je découvre des oeuvres inachevées, des demi-oiseaux, des quarts de chats, des têtes sans corps, des corps sans têtes, des collages en suspens, des phrases définitives dont on ne connaîtra pas la fin. J’ai dans mon atelier une petite réserve de peinture. Il n’y a rien que j’aime tant que de recouvrir ces oeuvres nocturnes. Les poncer au petit matin, les enduire, les repeindre soigneusement pour les réduire à néant. C’est une sensation délicieuse. 

-C’est votre atelier? 

Une femme s’est approchée tandis que je descends de mon échelle et que je prends un peu de recul pour contempler ma devanture à nouveau monochrome. 

-C’est votre atelier? Vous êtes installé ici depuis longtemps? Si j’avais su que ce local était à louer j’aurais pas laissé passer l’occasion. 
Je cherche un endroit pour écrire, je peux pas écrire chez moi, les voisins ont des enfants, des portées entières, ça fait bien trop de bruit, ça joue, ça braille, ça pousse des cris aigus qu’aucune cloison ne peut arrêter, ça court en troupeau au dessus de ma tête. 
Votre local serait parfait pour écrire. Je suis linguiste. Je suis philosophe. Je suis chercheuse. Je suis politologue. Je suis historienne. Je suis sociologue. Je suis artiste-peintre. Je suis poétesse. Je suis épistémologue. J’ai besoin de calme pour écrire, et d’un local bien isolé, avec des rideaux de fer comme ceux-là, et une porte qui ferme bien, et des barreaux aux fenêtres, et des murs épais comme ceux-ci et une porte blindée avec trois points de fermeture et un judas. Votre local n'est pas à louer? Vous allez partir? Non? Je vous laisse quand-même ma carte, quand vous quitterez le quartier prévenez moi, je relouerai, vraiment c’est dommage qu’on m’ait pas prévenue, c’était l’endroit idéal.

Elle m’adresse un salut glacial en repartant, et je regarde s’éloigner ses cheveux rouges, ses mâchoires crispées, son panier à provisions et son impressionnant CV.

-Vous savez, cette femme, si elle avait vraiment quelque chose à écrire, elle pourrait l’écrire n’importe où. 

C’est une voix qui vient d’en haut. Je lève les yeux. C’est la gardienne de l’immeuble qui vient de dire ça.  Elle me regarde depuis la fenêtre de son petit appartement du premier, nimbée de la lumière aveuglante du soleil matinal. Une odeur de soupe sort de son appartement.

vendredi 28 octobre 2016

Céramiques

J'ai terminé le jeu de tampons "Céramiques", sur lequel je travaillais depuis plusieurs semaines. C'est un ensemble un peu bordélique de motifs Arts and Craft de l'époque victorienne, d'azulejos, de trucs hispano-mauresques et de dessins Art Nouveau. C'est disponible ici: http://letampographe.bigcartel.com/product/ceramiques, ou à la galerie tampographique qui sera ouverte demain samedi comme d'habitude.


vendredi 30 septembre 2016

Catrina




Tampon en trois parties, permettant d'imprimer un visage de Catrina, avant ou après maquillage. J'ai fabriqué dans la même fournée une autre bichromie permettant d'imprimer un visage atteint de syphilis maligne galopante que je juge raisonnable de ne pas montrer ici (pour les connaisseurs, il s'agit d'un "syphilide pustulo-crustacée de la face", une pathologie d'avant les antibiotiques dont le nom seul me donne envie d'aller reprendre une douche).
La Catrina est disponible ici: http://letampographe.bigcartel.com/product/catrina

Le programme d'octobre est chargé, on prépare une exposition hors les murs à la Galerie de Messine, on cuit les commandes, et je dors faute de place dans une chambre envahie de cartons et de montures de tampons géants ( j'envisage parfois, au moment de m'endormir, d'aller stocker en douce des trucs dans les caveaux abandonnés du Père Lachaise, c'est pas la place qui manque chez les morts fortunés, mieux logés même dans l'au-dela que les vivants du bas XXème, bien à leur aise dans leurs chapelles néo-gothiques à clochetons, phares, temples grecs, choux à la crème néo-byzantins à la con et autres pyramides croulant sous le lierre).
A part ça la galerie tampographique sera ouverte demain de 11h à 19h comme chaque samedi.

samedi 10 septembre 2016

Pneumocoques




Les vacances c’est vulgaire. Les glaces au bord de l’eau, la brise tiède sur la peau, les après-midi de lecture à l’ombre d’une chambre fraîche, les siestes crapuleuses: banalités, distractions infantiles, amusements bas de gamme pour individus aux sens grossiers. L’infection au pneumocoque a beaucoup plus de dignité. Pour nos vacances nous avons fait ça, nous avons fait une pneumopathie. Nous avons fait les urgences de l’hôpital Tenon, beaucoup plus chics qu’une promenade au Cap Ferret, les conversations y ont une autre tenue, nous avons fait la pharmacie de la Rue de Bagnolet, avec la tronche jaunâtre de son pharmacien, nous avons fait la salle d’attente du radiologue de la rue des Pyrénées, ses plantes vertes en plastique et son odeur de désinfectant industriel. Tout cela a quand même une autre gueule qu’un bête séjour à l’Île Maurice. Été inoubliable en vérité.

Je garde d’ailleurs, en cette rentrée, le souvenir vivace de cette infection. Je renifle encore, je peine à monter les étages, je tousse sur les clients. Certains d’entre eux repartent peut-être avec les germes que je leur transmet. Je les regarde sortir de ma galerie avec une sorte de fierté de père de famille nombreuse. Je tousse parfois dans les colis que je poste pour l’étranger. Mes nombreux enfants verront ainsi du pays.

Parmi les projets plus ou moins grandioses du tampographe, celui d’aller faire du pédalo en septembre n’est pas le moindre. Il est vrai que j’ai fait le voeu solennel - c’est une règle de vie qui en vaut bien d’autres- de monter sur ces ingénieux véhicules à chaque fois que la vie m’en offre la possibilité. Je quitte donc Paris pour les rives d’un lac connu pour présenter un choix extraordinaire de pédalos, cygnes, flamands roses, voitures de courses, avec ou sans toboggan. Mon coeur se gonfle d’allégresse à cette pensée.

D’autres projets étincelants sont en vue. En octobre une exposition à la galerie de Messine, à Paris, en décembre l’ouverture annuelle de la galerie tampographique, en 2017 un livre si je ne tombe pas en morceaux d’ici là. Et la cohorte des idées qui attendent d’être réalisées, et qui grondent à la porte de mon atelier.

jeudi 1 septembre 2016

Kawaii Box






Jeu de 24 tampons représentant des animaux et des squelettes, dessinés à la main par le tampographe qui découvre à 46 ans, dans les plis les plus reculés de son âme rongée par le vice, qu'il a une sorte de fibre totalement kawaii.

Format des tampons: 28,5x 35,5mm
Montures en hêtre naturel
Caoutchouc blanc
Coffret en carton noir

Disponible ICI

vendredi 22 juillet 2016

Vacances 2016

La galerie tampographique sera exceptionnellement fermée samedi 23 juillet. On reprendra le rythme normal à partir du 30 juillet. 


jeudi 16 juin 2016

Jouets flippants.


Je perfectionne la technique des tampons en deux couleurs avec des têtes de poupées flippantes et des cow-boys à poil. Les résultats de ces expérimentations est disponible à la vente ICI
A noter que les cow-boys à poil ne sont pas encore disponibles, les amateurs devront donc patienter.


mercredi 1 juin 2016

Sphinx




Coffret de deux tampons permettant d'imprimer un sphinx tête de mort ou acherontia atropos.
Format 6x10 cm.
Monture hêtre naturel.
Coffret carton noir.
Disponible ICI

jeudi 19 mai 2016

Écorché



Jeu de tampons en deux couleurs (rouge et bleu) permettant d'imprimer l'anatomie d'un visage.

6x10cm, boite en carton noir, montures en hêtre, les encres ne sont pas fournies.
40 euros, disponibles ICI

A part ça, quelques nouvelles, même si écrire dans ce blog devenu presque désert me donne l'impression de parler seul dans un hall de gare vide, et me fait douter de mon équilibre mental déjà discutable.

La galerie tampographique est ouverte tous les samedis. Une grande partie de mon énergie disponible passe là dedans. On ouvre les portes à 11h, on les ferme à 19h, il y a du monde qui passe, parfois des gens bien, parfois d'ignobles cons, parfois des touristes qui me demandent s'ils peuvent utiliser les chiottes, parfois des cinglés de l'hôpital psychiatrique voisin, parfois des vieilles hors d'âge, parfois des jeunes qui viennent de naître, parfois des amis qui viennent de loin, parfois des connaissances à qui je n'ai plus rien à dire, parfois des ex que j'aimerais éviter, parfois des espions, parfois des enfants insupportables, parfois des gens très chics, parfois des punks à chiens, parfois des papas qui suivent leurs femmes sans rien dire et qui haussent les épaules en déchiffrant mes tampons, parfois des artistes, souvent des artistes, qui parlent plus fort que les autres et qui portent des couleurs plus vives que les autres et qui pourtant ternissent et fânent et enlaidissent tout autour d'eux.
On travaille à deux avec Eva, elle m'aide à recevoir correctement les gens, sans elle je tournerais bourrique. On imprime des images, on monte des tampons, on coupe, on colle, on montre comment utiliser les bichromies, on répond aux questions qu'on me pose chaque samedi:
-Comment c'est fabriqué? 
-C'est cuit dans des moules.
-Pourquoi vous faites ça?
-J'en sais trop  rien.
-Vous faites ça depuis quand?
-2007 sur Internet, 1995 dans la vraie vie
-Vous en vivez? 
-Non, je vends de la drogue et des organes, les tampons c'est juste une façade légale.
-À quoi ça sert?
-À rien, un peu comme tout le reste, un peu comme toi.

Je ferme le rideau de fer après ça. Parfois je vais marcher, parfois je vais me coucher et j'arrive pas à dormir. Les idées tournent dans ma tête, les paroles des emmerdeurs surtout, en boucle, jusqu'à ce que je parvienne à trouver le sommeil en lisant pour la dixième fois l'histoire de la Rhytine de Steller sur Wikipedia. La rhytine était un sirénien géant qui vivait quelque part vers les îles Aléoutiennes, et qui a disparu 27 ans après sa découverte par des marins russes. 

J'ai fait des travaux dans mon atelier, il est presque joli, je travaille dans la pénombre de la pièce du fond, collé à un chauffage, encerclé de tasses de café vides et de canettes de red bull diversement écrabouillées. Je passe mes journées à dessiner, à scanner, à redessiner, à préparer les fichiers.
À travailler dix ans pour ces imbéciles de Libé, mon dessin avait fini par me dégouter. Je le retrouve après une longue période de froid. Il est maintenant pataud et mal fichu, mais je lui préfère cet air pas très dégourdi à ce qu'il était devenu quand il me servait à gagner ma vie. Il est vrai que je pouvais à cette époque dessiner Sarkozy ou Chirac les yeux fermés. Je n'en ai plus rien à cirer aujourd'hui, même si je sais encore dessiner Chirac et Jospin, comme les vieux tontons qui savent encore imiter Edgar Faure ou Chaban-Delmas.

Les projets avancent, j'en parle pas, il suffit que j'en parle pour que tout se pète la gueule comme un château de sable à marée haute. Mais je regarde avec toujours la même terreur la succession des jours et de nuits qui ne devient, au fond de mon atelier, qu'un long crépuscule gris baigné d'odeurs de caoutchouc brûlé, d'ammoniac et de café renversé.








jeudi 31 mars 2016

Banc-titre.



Un dessin au feutre, filmé avec mon appareil photo posé sur un banc titre bricolé maison, et accéléré à 2000% pour que ça ne dure pas vingt minutes.

lundi 21 mars 2016

Tirette de forain



Les beaux distributeurs de cadeaux décevants du tampographe.


mercredi 2 mars 2016

Barbwire

Les belles festonneuses furieusement 2016 du Tampographe.


barbwire from Le Tampographe Sardon on Vimeo.

mercredi 10 février 2016

Roaaarr



Nouveau prototype de tampon en quadrichromie. Je reprends les essais, les premiers modèles à peu près faciles à utiliser seront bientôt disponibles à la galerie tampographique, mais il faut toutefois que je les teste sur des amis alcooliques avant de les proposer à la vente.

mercredi 20 janvier 2016

Auto-tamponneuse.



Les belles festonneuses du tampographe.
Soyons honnête, c'est chiant à fabriquer, mais bon, j'avais envie d'essayer d'en refaire.
J'avais bricolé une chose similaire dans les années 2000, avec de pieds de lit pour faire les cylindres, et des gommes gravées à la main pour imprimer un motif de crânes sanguinolents. Quand je sais pas quoi dessiner je dessine un crâne sanguinolent. Ça ne marchait pas très bien. En outre, comme les gommes étaient trop épaisses, je les avais émincées avec une trancheuse à jambon. Ça reste un des points d'orgue de ma vie de tampographe, avec le jour où je me suis moulé les oreilles.
J'ai donc acheté des rouleaux de caoutchouc, qui se sont révélés être en polyuréthane quand j'ai commencé à les graver, et j'ai bricolé ma graveuse pour pouvoir travailler sur ces cylindres.
Ça marche bien, mais le polyuréthane suinte un truc poisseux quand on le grave au laser, qui ne me dit rien qui vaille. C'est pas loin d'être un déchet toxique mais c'est marrant à faire.

samedi 26 décembre 2015

horaires d'hiver



Je radote encore, mais il faut bien que je donne les horaires d'ouverture : aujourd'hui (samedi 26 décembre 2015) la galerie sera ouverte de 11h à 19h, comme tous les samedis désormais.


vendredi 18 décembre 2015

Ouverture de décembre.




Bon, on emballe les derniers colis, on cuit des tampons et on installe la galerie pour l'ouverture de demain et des jours qui suivent. Sur la photo ce sont des tampons à vendre à l'unité, pleins d'encre pas encore sèche, et qui ne sera d'ailleurs pas sèche non plus demain. Les horaires d'ouverture de la galerie tampographique sont donc les suivants:
Samedi 19 décembre: 11h à 19h.
Dimanche 20 décembre: 14h à 19h.
Lundi 21 décembre: 14h à 19h.
Mardi 22 décembre: 14h à 19h
Mercredi 23 décembre: 11h à 19h
Jeudi 24 décembre: 11h à 19h.
C'est toujours 4 rue du Repos, métro Philippe Auguste, à Paris XXeme juste à côté du Père Lachaise.

mercredi 9 décembre 2015

Laser fuck




Nouveau modèle de tampon anglophone. Bientôt en vente. Là c'est le prototype, gravé au laser et collé sur une monture coupée sur ma vieille scie circulaire.

À part ça j'éternue sur mon écran d'ordinateur, on prépare les commandes avec le Golem, je vais chaque jour expédier les colis à la poste de la rue Mercoeur et je cuis des tampons en écoutant de vieux Faites Entrer l'Accusé.

Les commandes sont expédiées le jour même si elles arrivent avant 15h, et le lendemain si elles arrivent plus tard. Elles sont livrées en 48 heures ouvrables en France, ou en cinq jours si la commande est à l'étranger. J'ouvrirai samedi prochain de 11h à 19h, et je ferai une ouverture plus longue la semaine qui précède Noël, mais j'annoncerai bien évidemment ces dates au dernier moment.

mercredi 25 novembre 2015

Mousson d'été.


De l'eau coule à nouveau du plafond. J'ai mis un seau sur le sol de l'atelier. Il se remplit rapidement d'un liquide marron. Pluie, rouille, eau de vaisselle, urines de parisiens. Les pluies de novembre gorgent l'immeuble de la rue du Repos, ça sent à nouveau le sous-bois, des champignons biscornus poussent entre les lames du parquet, des scolopendres s'y enroulent et s'y endorment tandis que je m'assieds sur mon siège humide. Je regarde d'un oeil morne les annonces du Bon Coin, de la RIVP, de seloger.com, de la maison des artistes, de la Semaest et de toutes les entités immobilières plus ou moins maléfiques chiées par Belzébuth sur notre pauvre ville.
La Semaest domine la hiérachie infernale des lutins, diables et loups-garous qui infestent le monde sans espoir de l'immobilier parisien. Elle gère l'ignoble viaduc des arts et met ces jours-ci en location des locaux rue de Montreuil, dans le XIème. Style industriel d'une ancienne cité d'artisans, réservé aux artistes et aux métiers d'art, briques, verrières, tout ce qu'il faut pour attirer les connards, je suis un connard moi-même, je me renseigne, encouragé par le bruit de la pisse de mes voisins coulant au goutte à goutte dans le seau.
Local 90 m2 en open space. 1er étage. Loyer annuel 17 100 euros. Droit d'entrée: 27. 000 euros.

-C'est quoi un droit d'entrée?
-C'est de l'argent que tu donnes quand tu signes ton bail, pour s'assurer que t'es pas un crevard, que t'es d'un bon milieu avec le cul bien propre, et que tu vas pas spéculer à sous-louer le local à des boloss qui se branlent devant tout ce qui ressemble de près ou de loin à un lieu de travail, tant il est vrai que le travail est pour eux une notion vague, mystérieuse, follement excitante.
-Et on peut être remboursé de ce droit d'entrée, quand on quitte les lieux? C'est une sorte de caution?
-Ah mais non, connard, non non, on la gardera pour toujours, ta thune. Toutefois si tu trouves quelqu'un d'encore plus con que toi, tu peux lui revendre ton bail, enfin tu peux essayer. T'y arriveras peut-être, ne perds pas espoir. Il y a de la demande chez les cons. On dirait qu'il n'y a plus que des artistes dans cette ville de merde, tu peux chercher en vain pendant mille ans un type capable de réparer un peu proprement un grille-pain, mais si tu vas boire un café au coin de la rue tu verras passer en dix minutes trois vidéastes, une chorégraphe pour enfants, un designer chauve et cinq écrivains expérimentaux en lecture chez Verticales, et qui cherchent tous les quelques mètres carrés esprit Loft qui les séparent, croient-ils, de la félicité absolue.
Je vais vider le seau dans la rue du Repos et je protège mes machines avec une bâche. L'eau continue de couler. Ça fait un bruit de pluie pas désagréable, un bruit de fin d'averse d'été.





mardi 24 novembre 2015

Hirondelle.




Nouveau jeu de tampon permettant d'imprimer une hirondelle en deux couleurs. J'ai dessiné ça d'après des motifs de tatouages old school. Les tampons en deux couleurs sont très simples à imprimer, même mes amis alcooliques y arrivent sans problème.
C'est disponible ICI ou le samedi à la galerie tampographique, 4 rue du Repos, de 11h à 19h.

mercredi 18 novembre 2015

Gravures de Vallotton



Série de 20 tampons tirés de gravures sur bois de Félix Vallotton (1865-1925).
Format des tampons 53x41mm.
Caoutchouc blanc, montures en hêtre, coffret en carton noir.
On peut encrer ces tampons avec de l'encre de gravure, qui donne de bons résultats.

Disponible ICI


mardi 17 novembre 2015

Vol d'oiseau.



La rue de Charonne est à cinq minutes à pieds d’ici. Le boulevard Voltaire à dix minutes. Le Bataclan à quinze minutes. La rue de la Fontaine au Roi à vingt minutes. Les anciens locaux de Charlie à vingt-cinq minutes. L’Hyper-Cacher à trente minutes. On remonte la sinistre avenue Philippe Auguste, on prend l’avenue du Trône et on y est. On reconnait les barres d’immeubles grises, la rampe d’accés au périphérique, la devanture du magasin. On est au centre d’une toile d’araignée dont les fils principaux sont les boulevards du XIème. La Belle Équipe est juste en face du Palais de la Femme, un foyer d’accueil de l’armée du salut, gros bâtiment en meulière devant lequel je passe souvent parce que c’est mon quartier.

J’y suis passé dimanche. Il y avait une foule devant le restaurant dont le rideau de fer était descendu. Les gens s’étaient rassemblés spontanément. Les voitures se frayaient un passage parmi les gens en pleurs, et quelques flics réglaient comme ils pouvaient la circulation. Un petit groupe de trois jeunes femmes a traversé en coupant la route à une bagnole, un flic les a sermonnées. La plus grande des trois filles lui a répondu en hurlant « JE M’EN BATS LES COUILLES DE LA CIRCULATION, J’AI PERDU MON MARI, QU’EST-CE QUE TU ME FAIS CHIER AVEC TA CIRCULATION À LA CON, PUTAIN JE M'EN BATS LES COUILLES ». Le flic a reculé, une équipe de télé est aussitôt sortie de la foule et à commencé à filmer cette souffrance toute fraîche, jeune et pantelante. Des gens leur ont crié d’arrêter de filmer. Je remontais la rue de Charonne avec un ami. On allait à mon atelier. On a vu beaucoup de larmes, des fleurs, des gens en noir. C’était en plein Paris mais c’était un gigantesque enterrement.

Les attaques de vendredi ont foutu le feu à mon cerveau. Il y a une fumée épaisse dans mon crâne. J’y vois plus très clair. Des étincelles de haine crépitent là dedans, que j’essaye d’éteindre comme je peux. Bagne, raison d’état, exécutions sommaires, guillotine, sang et sciure sur le pavé de la rue de la Roquette. De la merde, de la non-pensée, de l’analyse politique reptilienne, le visage ignoble de la vengeance. Mon pote marchait à côté de moi. On se taisait en remontant la rue de Charonne. On a marché vers un restaurant chinois dégueulasse où j’ai mes habitudes, puis on est allé manger du poulet au champignon noir à mon atelier.

Je ne ferai pas de tampon ni de dessin au sujet des attentats, pas plus que je ne l’ai fait en janvier dernier. J’ai juste le cerveau qui crâme.

mercredi 11 novembre 2015

Carpe koï


Jeu de tampons en deux couleurs, permettant d'imprimer une carpe koï.

Disponible sur ma page Big Cartel ici, ou bien à la galerie tampographique, qui ouvre chaque samedi de 11h à 19h, au 4 rue du Repos à Paris Xxème. A noter que koï, en japonais, ça veut dire carpe, et donc carpe koï c'est un peu un pléonasme.
Je prépare d'autres tampons en bichromie, d'inspirations diverses pour ne pas dire totalement bordélique. Je les mettrai en ligne sur ce blog et sur cette grande entreprise cannibale qu'est Facebook.

Je viens de décliner une invitation du festival off d'Angoulême. J’aurais aimé dire oui, mais janvier prochain c’est trop proche, c’est dans 5 minutes, j’ai rien à y exposer et si je voulais me mettre en chantier pour préparer une exposition, il faudrait que je le fasse toutes affaires cessantes. Or j’ai du boulot jusqu’à la fin de l’année. J’installe la galerie tampographique, je prépare les commandes, je fabrique de nouveaux tampons géants, je sniffe de la résine polyester, j’ouvre chaque samedi, je rends service aux mémés de la rue du Repos et je cherche un appartement.

Sans compter que je ne peux pas blairer bon nombre des dessinateurs qui traînent dans les parages, underground ou mainstream je m’en branle ils me font chier pareil, que les occasions de s’alcooliser en groupe, si elles me ravissaient quand j’étais jeune, m’ennuient désormais profondément, que le spectacle des éditeurs et des auteurs qui ont réussi à vendre 15000 exemplaires de leurs séries ou de leurs romans graphiques à la con, et qui exhibent leur étincelante connerie dans les salons de l’hôtel Mercure me déprime au plus haut point. Et que dire des maniaques belges ou pas belges qui collectionnent les dédicaces, des repas en groupe à la pizzeria, de mes anciens potes d’Angoulême qui n’ont rien à me dire et à qui je le rends bien, des hideux murs bédé peints par des ringards, d’une ou deux ex que j’ai pas trop envie de croiser, de tous les mauvais souvenirs que j’ai dans cette ville où je fis mes plus beaux comas éthyliques et qui fut le théâtre des prémices de mes troubles nerveux.

Je suis devenu circonspect. En quantité absolue d'emmerdements, un exposition ça vaut un déménagement. J’ai exposé dans un hall de bibliothèque, dans des librairies, dans des salles municipales, dans des festivals, dans des sous-sols, dans des squats d’artistes de merde. A chaque fois j’ai regretté d’avoir accepté, je déteste ça. Depuis j’ai ouvert la galerie tampographique qui me sert de lieu d’exposition et que j’installe à mon rythme sans rien demander ni devoir à personne.




mercredi 21 octobre 2015

Ville-musée.




Quelques mascarons du Pont-Neuf, à Paris ( il y a encore de bonnes raisons de se promener dans Paris, mais il faut plutôt aller les chercher au XVIIeme siècle). Les mascarons ce sont des têtes sculptées de divinités antiques qui grimacent sur les bâtiments pour faire peur aux mauvais esprits. Je me sers de ces images pour m'exercer à faire des trames de plus en plus fines. Je me sers parfois aussi de photos cochonnes, mais là ce sont des mascarons, c'est plus présentable et on peut partager l'image sur Facebook sans se faire fermer son compte par quelqu'un qui aurait peur des fions.

On ouvre désormais la galerie tampographique chaque samedi, il y a du monde, on est contents d’avoir du passage dans un coin du XXème où les seules activités économiques qui résistent sont la vente de cercueils, le commerce de shit au détail et l’hôpital psychiatrique de la rue Bayle. Cela dit avec le Jour des Morts qui approche, le quartier du Père Lachaise connait une sorte de pic d’activité, si on peut appeler pic d’activité une foule de mémés qui marchent vers le cimetière avec des pots de fleurs achetés chez Lecreux.

Quand je parle des seules activités qui résistent, j'oublie peut-être la spéculation immobilière, puisque les ateliers des petites cités anciennes qui longent le Père Lachaise sont tous en train d'être transformés en loft d'enculés ou en locaux de start-ups (les riches et les guignols issus d'écoles de management ont en commun ce goût pour le décorum post industriel et les effluves de sueur d'ouvriers. Nul doute que cela épice délicieusement leurs existences, qu'ils baisent mieux, qu'ils font caca plus régulièrement).




vendredi 16 octobre 2015

Coeur humain.



Nouveau jeu de deux tampons permettant d'imprimer un coeur humain en bichromie. C'est disponible  sur ma page Big Cartel, ou à la galerie tampographique, ouverte chaque samedi de 11h à 19h, 4 rue du Repos, Paris XXème.

mardi 13 octobre 2015

Honolulu


Premiers prototypes de tampons en deux couleurs autour du boulot de Sailor Jerry, artiste tatoueur d’Honolulu mort en 1973. La série est en cours de fabrication, je dessine des têtes de mort, des roses, des dragons japonais et des filles plus ou moins habillées toute la journée. La tête de mort mexicaine au début de la vidéo n'est pas de Sailor Jerry, c'est parce que j'ai eu la flemme de refaire le montage.


vendredi 9 octobre 2015

Bzzzz


Guêpe géante en quatre tampons, pour imprimer une sorte de quadrichromie préhistorique.
Je la mettrai en vente bientôt.


Je change encore une fois les horaires d'ouverture, histoire que ça soit encore un peu le bordel: la galerie tampographique sera ouverte demain samedi de 11h à 19h, toujours 4 rue du Repos, Paris XXème, métro Philippe Auguste. On sera ouverts comme ça chaque samedi jusqu'à la fin de l'année, ou jusqu'au prochain changement d'avis.


vendredi 2 octobre 2015

Deux couleurs

Une courte vidéo qui montre le maniement du tampon en deux couleurs fabriqué la semaine dernière. Il faut viser juste mais c'est pas si difficile de bien aligner les couleurs. J'ai testé la chose avec des visiteurs qui sont passés à la galerie, et en général au bout de deux essais c'était parfait. 
En dehors de ça: un nouveau dégat des eaux, de nouveaux travaux de gros oeuvre à venir dans mon atelier, un gros architecte orange qui bouffe du carotène et qui me fait penser à un biscuit Chamonix géant, un nouveau terrier de rats sous mes pieds, de nouveaux rats plus jeunes et plus entreprenants que les anciens, mes articulations qui rouillent, le caoutchouc qui cuit doucement, quelques psychotiques qui ululent la nuit dans la rue du Repos et les hiboux du Père Lachaise qui leur répondent. 
Comme chaque semaine la galerie sera ouverte demain samedi de 14h à 18h30, 4 rue du Repos, métro Philippe Auguste.



lundi 28 septembre 2015

Crâne mexicain





Coffret de deux tampons permettant d'imprimer une image en deux couleurs.
Motif adapté d'un dessin traditionnel mexicain.
Il est conseillé d'imprimer d'abord le rouge, puis le bleu. Des repères sont tracés sur les montures afin de faciliter le calage des deux images.
Montures en hêtre naturel. Caoutchouc blanc. Coffret en carton noir.
Format de chaque tampon: 7x5cm.
Les encres ne sont pas fournies avec le coffret.
Disponible ICI
Ou à la Galerie Tampographique, ouverte tous les samedis jusqu'à la fin de l'année, de 14h à 18h30, 4 rue du Repos, 75020 Paris.







lundi 21 septembre 2015

Trombinographe


Une vidéo qui montre l'utilisation de quelques unes des pièces du trombinographe.

trombinographe from Le Tampographe Sardon on Vimeo.

jeudi 10 septembre 2015

Horaires d'hiver.

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Bon. Samedi dernier je n’étais pas ouvert, je suis sorti me promener dans Paris, des gens sont passés en mon absence pour voir la galerie tampographique et ont trouvé porte close. Je le sais à cause des traces de nez imprimées sur la vitrine (ça laisse une empreinte un peu grasse qui a la forme d’un nez), et aussi parce que la dame du premier et le patron du bar d’en face me l’ont dit. Désolé pour les gens qui se sont déplacés pour rien. J’avais annoncé que j’étais fermé, mais bon, comme je change d’horaires en permanence, je reconnais que c’est pas simple de suivre. 
Donc: la galerie tampographique sera désormais ouverte chaque samedi de 14h à 18h30, à partir du samedi 12 septembre, et jusqu’à la fin de l’année.

Le reste du temps on est là, mais pas tout le temps, parce qu’on fabrique, qu’on prépare les commandes, qu’on va à la Poste envoyer les colis ou qu’on est au fond de l’atelier en train de bricoler des meubles pour la galerie. Le samedi entre 14h et 18h30 on sera toujours là. Je dis « on » parce qu’on travaille à deux depuis plusieurs mois, je ne peux plus tout faire seul, j’ai embauché un terrifiant golem de caoutchouc, déclaré aux services administratifs et à la sécurité sociale. Il m’aide à déblayer un peu la montagne de boulot qui s’est accumulée dans mon atelier et qui menace de me tomber sur la gueule si je ne m’active pas plus.

J’ai horreur d’organiser des choses, cela dit il y aura un vernissage un samedi de la fin octobre, pour fêter l’ouverture d’une nouvelle exposition à la galerie tampographique. Il y aura des coups à boire, des nouveautés à regarder, de la musique de merde à écouter, et des chips au paprika. La date de cet évènement reste floue parce que je n’ai pas encore reçu les pièces que je compte exposer. Je devrais pouvoir préciser les dates bientôt, et dire en quoi consiste cette exposition, quand j’aurai reçu toutes les oeuvres.

En dehors de ces fascinantes histoires d’agenda et de matos à récupérer, je prépare de nouveaux modèles, je traîne dans le Père Lachaise, je fais des headshots à Borderlands 2, j’ai mal aux articulations parce que le temps tourne à la pluie et je tape « bunker hanté » et " boîte de nuit abandonnée à vendre » sur le moteur de recherche immobilière du Bon Coin.

Donc: samedi 12 c’est ouvert entre 14h et 18h30, et il en sera de même pour tout le reste de l’année.
Et j’oubliais: bonne année ‘pataphysique 143 à tous et à toutes. Que vos ennemis crèvent, que l’automne vous soit doux et que votre vie sexuelle soit riche, variée et imprévisible.

vendredi 14 août 2015

Ouverture d'août.

La galerie tampographique sera ouverte demain 15 août, de 11h à 18h30. Je sais pas si ça sert à quelque chose d'ouvrir ce jour là, à priori il n'y a jamais personne dans les rues le 15 août, mais bon, je serai quand même ouvert.
En revanche mon atelier ne se visite plus, ainsi que le résume le mot photographié ci-dessous. 



vendredi 24 juillet 2015

Paris au mois d'août



Je suis de retour à mon atelier. Je commence à envisager de donner des horaires d'ouverture réguliers à la galerie tampographique. 
Donc: pour les infortunés qui restent à Paris au mois d'août, et les inconscients qui visitent la capitale en état de surchauffe psychique, ma galerie sera ouverte chaque samedi de cet été, entre 11h et 18h30, à partir de demain 25 juillet et jusqu'à la fin août. Elle se trouve toujours 4 rue du Repos, métro Philippe Auguste, juste à côté du Père Lachaise.

lundi 13 juillet 2015

Vacances



En attendant l’Armageddon économique, les cascades de sang sur les marches du Trocadéro, les enfants jetés aux hippopotames, les têtes qui roulent vers la Seine, les gangs de bikers contrôlant la DRAC Île-de-France et le rayon déco du BHV, les duels à l’arme blanche pour une boîte de thon ou un tube de paracétamol, le marché aux stagiaires-esclaves du boulevard des Batignoles, le come-back d’un cannibalisme bio, proxivore et livré à domicile par un coursier à vélo, le Tampographe prend une petite semaine de vacances. Il quitte pour quelques jours sa ville-musée dégueulasse pour rentiers de gauche, cernée de banlieues flétries de fascismes divers, empuantie par la faune des startupers à barbiches ou sans barbiche. Il tachera d’oublier l’oligarchie dégénérée buvant le kir de l’amitié -sang de pauvres larmes de métèques- au pot d’enterrement de la Grèce, et l’immense connerie religieuse gagnant en superbe jour après jour, surgissant du néant, dépassant les plus hautes montagnes, se perdant dans le ciel où aucun dieu n’habite pourtant, on le sait, on est allé voir, on a bien regardé et on a jamais trouvé personne.
Le Tampographe va prendre le bon air de la campagne, marcher entre les bouses, visiter des musées chiants, manger des jambons-frites sur des aires d’autoroute, se baigner dans des étangs verts, réfléchir à ses nouveaux modèles de tampons et aux projets qui prennent lentement la poussière sur ses étagères. Il reprendra le travail début août.

jeudi 9 juillet 2015

Portes ouvertes.


Impressions au tampon géant pour les portes ouvertes de samedi prochain ( c'est 4 rue du Repos, 75020 Paris, de 11h à 18h).

mardi 7 juillet 2015

Ouverture de caveau.


En attendant la rentrée et son cortège d'expositions dignes des Dieux, la galerie tampographique ouvrira samedi prochain 11 juillet, de 11h à 18h. C'est toujours au 4 rue du Repos, juste à côté du Père Lachaise.

mercredi 1 juillet 2015

Low Tech Color

Impression d'une image en quadrichromie avec quatre tampons en caoutchouc.




lundi 29 juin 2015

Dirty Boulevard


Quelques éléments du prototype d'un jeu de tampon pour imprimer une rue de New-York. Ça sera disponible fin 2015, c'est long à mettre au point, il faut beaucoup de pièces différentes. 
Je ne mets pas beaucoup de nouveautés en ligne ces temps-ci. Ça ne signifie pas que je glande, oh non, je passe mes journées dans mon atelier à fabriquer de nouvelles choses, qui seront visibles à partir de la rentrée. Mais pour le moment je rechigne un peu à montrer des recherches et des travaux en cours sur les réseaux sociaux, et à exposer mon travail à la litanie des commentaires. Bons ou mauvais c'est les deux revers de la même médaille en merde, et ça finit par liquéfier la cervelle.







lundi 8 juin 2015

Accumulations diverses.


J'ai collé des trucs sur une planche que j'ai elle même collée à un mur.

mercredi 29 avril 2015

Libellule

Une vidéo floue avec des bruits d'insectes, qui montre l'utilisation du jeu de tampon Libellule.

Il est disponible ICI



mardi 14 avril 2015

Crève en mordant ton propre nombril.

Coffret de 12 injures japonaises, aimablement fournies par l'éminente Ryoko Sekiguchi.

Format des montures: 67x17mm
Montures hêtre.
Coffret en carton noir.
Une utile notice de traduction et de prononciation est jointe au coffret.

50 euros

Disponible ICI





mardi 7 avril 2015

Libellule déprimée.

Nouveau jeu de tampons permettant d'imprimer une libellule. 
13 pièces. Montures en hêtre, caoutchouc blanc, coffret carton noir.

70 euros

Disponible ICI



jeudi 19 mars 2015

Vieillerie (2)




Une video légèrement floue dans laquelle je fais une démonstration avec le tampon lucane.
En dehors de ces essais audio-visuels, je continue à travailler à de nouveaux modèles, dont le jeu de tampons NYC et le trombinographe, qui devraient voir le jour au printemps. Je galère un peu avec les énormes pièces du tampon NYC, il faut des encres très couvrantes pour faire des impressions convenables. J'épluche les catalogues de scrapbooking pour trouver la bonne encre, je fais mes propres essais en mélangeant des pigments, de la glycérine et de l'alcool, c'est la formule de base de l'encre à tampon, mais en fait ça ne marche pas vraiment, ça met deux heures à sécher, c'est de la merde.

mardi 17 mars 2015

NYC rubber stamps

Prototype d'un jeu de tampon permettant de dessiner une rue de New-York. Le jeu complet devrait compter entre 20 et 30 tampons de grand format (8x12cm pour les plus grandes pièces, ce qui est très grand pour un tampon). 




vendredi 6 mars 2015

Design

Je passe ce blog sur fond blanc, les caractères blancs sur fond noir ça me nique désormais les yeux.
En dehors de cette intéressante information, je travaille à quatre nouveaux jeux de tampons, comme tout bon bipolaire je serai logiquement en dépression nerveuse quand ils seront terminés.
Cela dit je ne mets pas trop d'images en ligne tant qu'ils ne sont pas fabriqués. A la place je mets ce projet de couverture pour une revue que j'édite dans une réalité alternative, tant il est vrai que déco et pulsion de mort sont choses voisines.

vendredi 27 février 2015

Libellule déprimée


Libellule déprimée en 13 tampons articulables. C'est le vrai nom de cet insecte. Bientôt disponible. Là c'est le prototype.

Je fabrique de nouveaux modèles, ça devrait pas tarder à être en ligne. Je ferai des portes ouvertes bientôt.

mardi 17 février 2015

Faire-part vulgaire


Tampon vulgaire décoré de fleurs vulgaires et d'angelots vulgaires. Dessiné à la main.
Monture en hêtre.
22€, disponible ICI

Bon, en dehors de cette nouveauté dessinée la veille de la Saint Valentin, le Tampographe travaille dans son caveau, il mange sainement, il se lève de bonne heure, enfile ses rangers et va marcher dans le Père Lachaise. Il écoute sur son iPhone de vieux albums de la Souris Déglinguée, ce qui achève de le rendre sourdingue, et il s'endort chaque soir en essayant de dépasser la première page de "Mes Amis", d'Emmanuel Bove.
Des émissaires sont venus déposer de grandioses projets à ses pieds. Des rois mages de toutes les couleurs, de toutes les tailles, d'un peu tous les sexes, avec en commun le même amour brûlant pour le Tampographe, qui est, admettons-le, un assez beau bébé. On sonne à la porte de son atelier. A peine la porte entrouverte, des têtes s’engouffrent.
« Viens exposer à notre Fête des Jardins, on te loge, Tampographe, on a un canapé-lit, on fait un événement sur les légumes anciens et les plasticiens, tu seras payé en panais et en rutabagas »
« Notre médiathèque possède un hall d'entrée mal éclairé, des grilles d’exposition rouillées et des cimaises posées sous Giscard. Viens, Tampographe, viens, tu feras aussi un atelier avec des enfants"
« Propose-nous une affiche pour la Fête de la Poésie, Tampographe, fais des tampons avec la tête d'Arthur Rimbaud, c'est le seul poète dont on puisse montrer la tête, les autres ressemblent trop à des poubelles ambulantes"
"Je suis une petite merde qui étudie dans une école d'art, mes parents sont riches, je n'ai aucune crainte pour mon avenir. Prends-moi comme stagiaire, Tampographe, j'ai tellement de choses à t'apprendre".
Le Tampographe les regarde avec circonspection. Il vieillit, le temps passe vite. Il veut faire un nouveau livre. Au rythme où il avance il paraîtra en 2030. D'ici là on aura probablement tous été ensevelis par le volcan de connerie qui sort de terre devant nos yeux effarés, et dont les cîmes orgueilleuses nous flanquent déjà le vertige.
Le Tampographe éconduit poliment les émissaires. Il doit repeindre son atelier, faire réviser une de ses presses qui est tombée en panne, et préparer à reculons une exposition.
Il s’est adjoint les services un terrifiant golem de caoutchouc qui hante son atelier et grogne dans les ténèbres en découpant des tampons.
Mais même avec l'appui de cette créature d'effroi et de glaise, les journées sont trop courtes, la liste des choses à faire s'allonge, celle des années à vivre diminue.
Les émissaires repartent. On les voit remonter la rue du Repos, leurs yeux perdus, le dos ployé sous le poids de la déception.
Le Tampographe songe à déménager. Il commence à connaître trop de monde dans son coin d'arrondissement. Il est temps de se remettre à chercher un nouveau quartier dans lequel il ne connaitra personne et où personne ne le saluera. eau quartier dans lequel il ne connaitra personne et où personne ne le saluera.


Les portes du caveau ouvriront à nouveau au printemps. On annoncera ça au dernier moment et dans l'improvisation totale, ainsi que le veut l'article numéro 1 du code tampographique.

mercredi 31 décembre 2014

Décervelage



 Le trou numéro 11 du mini-golf fluorescent de Maurepas.



Ah merde j’ai totalement oublié la fête du 1er Décervelage. J’ai pourtant accroché un calendrier (pataphysique, ne cherchez pas ça sur le calendrier des postes) au dessus de mon bureau. Mais je dois bien avouer que la ‘Pataphysique m’emmerde de plus en plus.
C’est d’ailleurs plutôt les pataphysiciens qui m’emmerdent, que la ‘Pataphysique, qui me semble tenir la route, et solidement. Je vois dans la ‘Pataphysique une sorte de morale, et de programme esthétique, et d’approche scientifique de la vulgarité ordinaire. Une hygiène de vie, pour parler comme un con, et une belle assemblée de personnages que je respecte plus ou moins, pour les avoir vénérés quand j’étais plus jeune.
Boris Vian par exemple je le vénérais. Il me fait chier quand j’essaye de le relire, mais je le vénérais à 14 ans. Raymond Queneau, pareil, je le vénérais à 30 ans, il m’emmerde désormais, et je le respecte. C’est sans doute ce mélange d’ennui, d’embarras et de sympathie que je finis par appeler respect.
Et Jarry, et son Faustroll tellement illisible. Quel ennui. Mais quel bel alcoolisme! Quelle belle vie tuberculeuse! Quelles belles moustaches! Quelle scatologie salutaire au milieu d’une époque symboliste ayant produit ce que la littérature française a fabriqué de plus abominablement littéraire, et qui nous emmerde encore.
Il vient parfois des ‘pataphysiciens dans mon atelier. Ils pensent trouver une oreille amie à leurs élucubrations fastidieuses, à leurs jeux de mots consternants. Quel terrible malentendu, pauvres malheureux! Vous ne trouverez nulle part plus d’hostilité à vos gidouilles, à vos jeux de mots risibles, à vos haleines avinées. Car peut-être il ne suffit pas d’arborer une gidouille, de faire des calembours minables et de boire du blanc pour être pataphysicien. Il y a plusieurs façons de l’être, la mienne est de détester cette panoplie, de faire mes tampons, et de réserver le plus mauvais accueil possible aux engidouillés de ce genre. Et d’essayer de chercher des voies pataphysiques un peu moins défrichées que les sentiers rebattus hantés par ces êtres décourageants.
Ainsi, à chaque livraison de la revue du Collège, le rituel est invariable: je la feuillette, je n’y vois rien qui m’intéresse et je la pose sur le trottoir de la rue du Repos, pour que le hasard se charge de lui trouver un foyer plus accueillant. Ça peut sembler dur, mais ça l’est moins que le sort que je réserve à d’autres livres, que je passe volontiers à la scie circulaire quand je suis d’humeur bricoleuse. Ainsi ont terminé beaucoup de livres de l’Association, d’Ego Comme X, du Frémok qui encombraient ma bibliothèque, dans un nuage de poussière de carton, et dans un vigoureux crissement de machine-outil.
La ‘Pataphysique pourrait-être une institution plus féconde, si elle sortait de ses radotages et mettait au pal les raseurs. Une forêt de pieux, une foule d’emmerdeurs assis dessus, des ruisseaux de sang empourprant la campagne, voilà qui aurait de l’allure, voilà qui est ubuesque. Mais la tâche est immense, les pieux et les palotins manquent, et puis à quoi bon? Autant prendre le maquis, s’enfoncer dans les fourrés et disparaître aux yeux du Collège pour mieux servir la ‘Pataphysique.


Joyeux Décervelage, donc, avec un peu de retard, et bonne année 2015 vulgaire, avec un peu d'avance.